Connexion avec les moins de 26 ans. Alors que le taux de chômage atteint 13,1% dans l'Aisne, bon nombre de jeunes se retrouvent en situation de précarité. Créer son entreprise n'est pas chose aisée, mais certains s'en sortent bien. Exemple, avec une boîte de dépannage informatique basée à Saint-Quentin et qui marche fort. Les héros du film des années 80 Ghostbusters chassaient les fantômes. Les salariés de l'entreprise Bogbusters traquent les pannes informatiques. Point commun entre ces derniers : ils ont tous moins de 26 ans. A l'origine de la boîte, Charles Simon. Une "grande gueule" qui voulu donner une chance à des jeunes à la recherche d'un emploi. Ce professeur, qui exerce à l'INSSET de Saint-Quentin, a lancé un pari à un de ses éleves. "Es-tu capable de dépanner des ordinateurs chez les gens ?", a-t-il demandé à Guillauem. Le jeune homme a tout de suite répondu par l'affirmative et s'est empressé de créer le logo de l'entreprise. "L'idée m'est venue parce que j'avais galéré plusieursfois en déplacement pour me connecter avec internet. J'ai donc pensé à ceux qui avaient des pannes informatiques", raconte Charles. "Un jeu de piste" Tous deux ont donc immédiatement suivi une formation créateur d'entreprise. Ensuite, place à la débrouille et la galère des démarches administratives. "Un chômeur de moins de 26 ans doit remplir des tonnes de paperasse pour bénéficier d'une aide à la création d'entreprise. C'est un véritable jeu de piste, et puis on rencontre des tueurs d'entrepreneurs parmi les fonctionnaires..." Charles et Guillaume ont dans leurs poches un budjet de 10000 euros. Une petite somme pour démarrer qui nécessité de faire le maximum d'économies. "Dans le local, qui était en piteux état, nous avons effectué tous les travaux nous-même, et puis nous avons fait de la récupération." Plusieurs antennes Au bout de six mois, l'entreprise devient enfin rentable. Les deux associés parient sur la proximité avec les clients et des tarifs attractifs. Petit à petit, la clientèle se fidélise et s'élargit. "Nous avons commencé avec des particuliers puis les entrepreneurs nous ont fait confiance", indique Charles, qui envisage de créer une structure régionale pour l'assistance professionnelle. Une première enseigne à Saint-Quentin, puis les autres antennes se multiplient : Amiens, Rennes, Abbeville et bientôt Compiègne et Reims. Aujourd'hui, l'entreprise compte onze salariés. Guillaume a pris les rênes du magasin amiénois. A Saint-Quentin, Nicolas, ancien gérant d'un cyber-café, le remplace. Fabrice ouvrira dans les prochains jours l'antenne de Compiègne. Yann, âgé de 23 ans, travaillait avec les boîtes d'intérim. Il est sorti de l'école sans diplôme. Son arrivée dans cette formidable avanture humaine le comble de joie : "J'ai eu de la chance de tomber sur ce job, car je galérais de stage en stage. Je me sentais capable de travailler dans l'informatique, mais c'est vrai, il faut être motivé et compétent." Charles Simon, qui fustige les contrats nouvelle embauche, espère créer dix nouveaux emplois dans les deux années à venir. "Quand je vois des jeunes créateurs d'entreprise qui se cassent la gueule au bout de six mois, ça me fout les boules. Après le rembourssement des prêts, des aides et le poids énorme des charges, c'est difficile de s'en sortir", lance-t-il avec dépit et colère.